Le Hors série mars 2015 de Bretagne Magazine publié sous l’égide du Télégramme, est consacré aux Celtes. La Gorsedd y apparaît, en photo, avec une légende étonnante: nous nous apprêterions à aller fêter le solstice d’été à… Gavrinis !  Nous ignorons la raison pour laquelle cette revue persiste à nous faire aller à cet endroit sous prétexte qu’elle a consacré un article il y a trois ans à une réunion de druides à laquelle nous ne participions pas. Pourquoi s’obstiner à parler et à agir à notre place ? Il nous faut donc  le redire: nous allions, certes d’un bon pas sur cette belle photo, célébrer le solstice d’été, non pas sur la célèbre île du Morbihan mais sur l’Île Wrac’h dans le Nord Finistère.

Présentant son livre, « La Bretagne préhistorique »paru en 2014 aux éditions Skol Vreizh, M.Yannick Lecerf, déclare dans un article du Télégramme : « On peut l’affirmer aujourd’hui, les Celtes n’ont jamais peuplé la Bretagne. Ils ont commercé et échangé avec la région et ses habitants de l’époque mais ne se sont pas installés. On n’a retrouvé aucun monument celtique en Bretagne. Ils ont purement et simplement contourné la région ».

Cette affirmation péremptoire complaisamment relayée par un organe de presse, est sans doute destinée à braquer le projecteur sur l’ouvrage d’un besogneux de la truelle et de la brosse à dents, fouilleur infatigable des reliefs de l’histoire humaine. L’archéologie permet assez peu de fantaisie et moins de lustre que l’historiographie.  Est-ce la raison  pour laquelle certains de ses acteurs, poussés parfois par une bouffée de frustration, viennent occuper ainsi le champ clos de la polémique ou de la provocation ? Sans doute comprendra-t on mieux le propos de M. Lecerf, en découvrant que pour lui, les Celtes sont cantonnés au monde antique et gambadent en compagnie de leurs contemporains: les Grecs et les Romains. Laissons alors Monsieur Lecerf peaufiner le scénario de son péplum.

Osismes, Vénètes, Namnètes, Redones et Coriosolites ne seraient plus des Celtes mais des néolithiques attardés.  M.Lecerf semble y voir le point de départ de notre identité bretonne, en somme un simple archaïsme, une épave du passé ! Le camp d’Artus à Huelgoat qui fut l’objet d’une des premières fouilles sur les murus gallicus, a du tomber du ciel par la soute d’un vaisseau extra-terrestre. Il est en effet situé en Finistère donc en Bretagne!

Les Celtes en Bretagne ? Un simple mythe et Monsieur Lecerf ajoute:

« Il est particulièrement entretenu, au point que l’on voit aujourd’hui se mettre en place des pratiques néodruidiques complètement construites puisque les communautés du Massif armoricain, de tradition orale, n’ont laissé aucun écrit ! Les Celtes ne sont jamais venus en Bretagne. Les recherches archéologiques démontrent que les Celtes sont venus d’Europe centrale et se sont partagés en deux groupes, l’un remontant vers l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande par la Belgique et la Normandie ; l’autre descendant vers la péninsule, ibérique par le centre de la France en évitant la Bretagne. »

Etrange cette charge contre le « néodruidisme » (comprenez la Gorsedd de Bretagne!)  phénomène qui se mettrait en place « aujourd’hui » ! Le constat est-il réalisé après examen au carbone 14, expliquant une marge d’erreur d’un bon siècle ? En effet la Gorsedd de Bretagne fut fondée en 1899 au Pays de Galles donc, au passage, dans une aire qui a le droit à l’onction celtique selon M. Lecerf. Les Gallois qui sont venus par la suite nous visiter avaient sans doute inventé un vêtement de cérémonie révolutionnaire et digne d’un roman de Tolkien : la saie qui rend invisible puisque les Celtes ne sont jamais venus en Bretagne !

Le breton est-il d’ailleurs une langue celtique ? Rien dans les recherches archéologiques, ni d’ailleurs dans le marc de café !

On pourra trouver nos propos peu respectueux du sérieux habituellement accordé aux chercheurs. C’est volontaire: qui bene amat, bene castigat!  car rien n’autorisent ces messieurs à proclamer des contre vérités et disons le tout net des âneries ! Il est aujourd’hui facile de se renseigner sur le druidisme contemporain et ses origines, fût-on archéologue !

La Gorsedd condamne l’attentat à la liberté d’expression

et appelle à un sursaut des forces démocratiques

La Gorsedd, Fraternité des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne exprime son émotion et son profond écœurement suite à l’ignoble attentat contre les journalistes de Charlie Hebdo de ce jour.

Elle condamne cette stratégie de la terreur contre un des plus éminents symboles de la liberté d’information et de la libre expression.

Elle adjure les forces démocratiques, partis politiques, organisations professionnelles, sociétés de pensée humanistes de tout mettre en œuvre pour contrer cette offensive de déstabilisation des fondements de notre vie démocratique.

La haine contre l’autre érigée en système conduit fatalement à un régime liberticide et totalitaire.

Refusons cet engrenage !

A Quimper le 7 janvier 2015

La réforme territoriale est passée. La Bretagne reste seule à quatre départements. C’est insatisfaisant. On a toutefois évité la fusion-dilution dans un Grand Ouest mou. Pour paraphraser un célèbre homme politique français dont l’oncle fut barde breton, nous avons perdu une bataille mais pas la guerre ! Tout reste, en effet, possible et les excellentes initiatives référendaires de l’association Dibab (que nous saluons au passage) montrent que l’opinion publique est avec nous: 75% en faveur de la réunification à St Viaud dans le Sud-Loire en cette fin d’année 2014. Remarquable ! La leçon que nous pouvons tirer de l’intense mobilisation conduite par Bretagne Réunie, c’est qu’il n’est plus question maintenant de contester l’appartenance de la Loire Atlantique à la Bretagne. C’est une telle évidence qui fait que si vous interrogez un Parisien ou un originaire d’une autre région de France, pour lui c’est clair : Nantes c’est la Bretagne ! Il est patent que Bretagne Réunie, à défaut d’un résultat favorable dans l’actuelle réforme territoriale, a, sans aucune équivoque, gagné la bataille de l’opinion. C’est une importante victoire qui garantit et assure la poursuite du combat.

Nous sommes très heureux d’être ici en compagnie de nos frères de Cornouailles et du Pays de Galles. Je remercie la Gorsedd de Cornouailles pour l’extraordinaire accueil réservé pendant la guerre aux Bretons exilés en Grande Bretagne. Sous l’égide de l’association les « Amis de la Bretagne »( The Friends of Brittany) dirigée par M. George Hunter-Doble, Gwas Gwendron de son nom de barde, des veuves et des orphelins de personnes tuées sous l’occupation allemande furent secourus. La Fraternité entre nos deux pays fut également célébrée de manière magistrale à Penzance le 5 septembre 1942 par le Cornish-Breton Comittee mené par M. Scobel-Armstrong. Nous connaissons également le travail remarquable de Gwas Gwendron, un grand ami de la Bretagne et des Bretons, pour promouvoir la langue et la culture de Cornouailles. Merci au nom du Peuple Breton à la Gorsedh Berdh Kernow. Merci au Peuple et à la Gorsedh de Cornouailles !