Goursav-heol 2015 2 Goursav-heol goanv 2015

Le solstice a été dignement célébré à Arzano le dimanche 20 décembre. Le temps était très clément, inhabituel pour la saison. Laouen an dud ha lidet brav ar Goursav heol goañv ganeomp. Ra reno ar peoc’h warnomp-holl !

La Gorsedd, Fraternité des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne, salue l’utilisation de la langue corse à l’Assemblée de Corse lors de la mise en place des nouvelles institutions régionales issues du scrutin du 13 décembre dernier.

Les nouvelles autorités corses ont pris la liberté issue des urnes d’affirmer la co officialité de la langue corse avec le français, provoquant aussitôt une agitation compulsive désormais habituelle dans la mouvance jacobine française.

La Gorsedd constate qu’aucune démarche de ce genre n’a été menée au sein du Conseil Régional de Bretagne dans les langues de notre région lors de l’installation de la nouvelle équipe à Rennes.

La Gorsedd s’en étonne d’autant plus que, dans les réponses aux questions posées par elle au candidat Le Drian, (disponibles sur notre site internet) il lui a été répondu que le Conseil Régional avait « en 2004 adopté à l’unanimité une résolution reconnaissant officiellement le breton et le gallo comme langues de Bretagne aux côtés de la langue française » (sic).

La Gorsedd regrette que cette belle résolution semble finalement rester lettre morte, conséquence probable d’une extension de l’état d’urgence actuel à toute expression démocratique qui dérange le front national républicain décrété de Paris.

Plus que jamais l’usage des langues de Bretagne dans la sphère publique reste un acte d’émancipation qui attend toujours une parcelle d’audace de la part de nos élus bretons.

                                                                                                    A Quimper le 21 décembre 2015

                                                                                                    Per Vari Kerloc’h

                                                                                                    Grand Druide de Bretagne

 

Ire question/ Goulenn kentaň

Que pensez-vous faire pour poursuivre le processus de réunification de la Bretagne ?

Petra eo ho sonj da gas adunvanidigezh Breizh da benn ?

La réunification de la Bretagne est un impératif économique, culturel et démocratique pour la Bretagne. Une forte majorité de Bretonnes et de Bretons des cinq départements l’appelle de ses vœux et refuse de baisser les bras, malgré le refus réitéré des élites jacobines d’y faire droit, de consulter le peuple ou de concevoir un droit d’option praticable. La partition de la Bretagne est le meilleur symptôme d’un système juridico-politique français inefficient, incohérent, figé et anti-démocratique, en ce qu’elle repose sur la crainte et la défiance à l’égard du peuple. 

C’est un mauvais coup porté à la Bretagne qui, avec Nantes, aurait été confortée dans son développement et aurait permis de créer de la richesse et de l’emploi. Avec la Loire-Atlantique, la Bretagne serait la première région maritime d’Europe. 

Les élus Oui la Bretagne penseront la Bretagne réunifiée de manière transversale, veillant à ce qu’elle soit prise en compte dans toutes les initiatives du conseil régional. Une Bretagne réunifiée renforcera la capacité de la Bretagne à agir dans le respect du développement des autres régions.  

Pour sortir du face-à-face délétère avec les Pays de la Loire dans lequel s’est enfermée la majorité sortante, nous multiplierons les partenariats avec les régions voisines (Normandie réunifiée, Aquitaine agrandie) ou les régions partageant des intérêts communs avec la Bretagne (non seulement en France mais aussi en Europe).

2ième question/ Eil goulenn

Quelle sera votre politique envers les langues bretonne et gallèse ?

Maintiendrez-vous l’Office Public de la langue bretonne ?

Petra vo ho politikerezh e kenver ar brezhoneg hag ar gallaoueg ?

Daoust ha miret e vo ganeoc’h Ofis ar Brezhoneg ?

En matière de langue bretonne,  il faut passer à la vitesse supérieure !

Nous souhaitons une politique volontariste et ambitieuse en faveur de la langue bretonne. Si des avancées notables ont été constatées durant ces dix dernières années, la langue bretonne est encore loin d’être l’une des deux langues de la société bretonne, et c’est ce à quoi nous aspirons : une société où chaque Bretonne et Breton pourrait vivre dans la langue de son choix. 

La langue bretonne n’a toujours aucun statut officiel. La charte des langues régionales et minoritaires, dont la ratification était une des promesses de campagne de François Hollande, vient d’être enterrée par le Sénat, résultat d’un jeu politique perfide entre les socialistes et les sarkozystes. 

En matière de politique linguistique, il ne faut pas attendre que l’État bouge pour agir. La Bretagne doit avoir les moyens financiers et normatifs pour relever les défis concernant l’avenir de la langue bretonne. 

Depuis 2010, la région consacre environ 7,5 millions d’euros à la politique linguistique pour le breton et le gallo. Pour Oui la Bretagne, cette somme est insuffisante et doit être doublée immédiatement pour atteindre 15 millions d’euros.

La « Nouvelle politique linguistique et culturelle » indispensable à la Bretagne est donc un tout. Pour la construire il nous faut en premier lieu obtenir le transfert des compétences et des moyens correspondants à la Région. Dès le début de la mandature nous poserons un acte fort et significatif : la ratification par le conseil régional de la Charte Européenne des langues dites régionales, conformément aux besoins bretons. 

L’enjeu est de donner à la langue bretonne un statut de co-officialité visant à protéger, encourager et normaliser son usage dans tous les domaines et à garantir l’emploi officiel du français et du breton à parité sur le territoire de la Bretagne. La politique du conseil régional a manqué d’ambition jusqu’à présent et nous allons changer cela. 

L’Office public de la langue bretonne (Ofis Publik ar Brezhoneg – OPAB), EPCC au travail de qualité reconnu de toutes et de tous, sera l’outil privilégié de la région pour la mise en place de la politique linguistique, en partenariat avec le mouvement associatif. L’engagement de l’État et des départements reste faible et des négociations seront entamées avec les partenaires de l’OPAB pour augmenter les dotations. 

Enfin, en lien avec les partenaires associatifs, universitaires et spécialistes, l’enjeu est également de réussir à transmettre, diffuser et promouvoir un breton de qualité. Si la quantité est importante (nombre de locuteurs, d’enfants scolarisés en breton, d’adultes apprenant…) la qualité ne l’est pas moins.

3ième question/Trede goulenn

La région ne devrait-elle pas avoir la compétence exclusive en matière d’officialisation des langues de Bretagne ?

Daoust hag en ne zlefe ket ar Rannvro kaout ar gwir o pellaat ur gwir-all a benn ofisielaat yezhoù Breizh ?

Le statut de la langue bretonne dépend du bon vouloir des députés et sénateurs qui siègent à Paris. Au lendemain de l’enterrement par le Sénat de la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, il est grand temps que les régions prennent le pouvoir pour gérer des questions qu’elles seules sont à même d’administrer : la question linguistique en Bretagne ne peut pas et ne doit pas être gérée de Paris. Cela n’a strictement aucun sens et est même complètement anti-démocratique.

La Bretagne doit pouvoir régir son audiovisuel et faire les choix qui la concernent sans devoir demander l’autorisation de Paris ! Et ce qui est vrai pour l’audiovisuel ou la langue l’est aussi pour le tourisme et le sport ! La Bretagne doit être en mesure de mettre en place la politique culturelle qui lui convient sans devoir en référer à chaque fois au préfet de région, représentant de l’État qui doit valider presque tous les choix que celle-ci peut et doit faire.

Il faut immédiatement un transfert de toutes les compétences culturelles et des moyens qui vont avec en Bretagne.

Le Drian1Le Drian2

René Louail1

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