Utilisé par C.J Guyonvarc’h auteur d’un ouvrage sur les Druides sans cesse remanié depuis 1961 jusqu’à ces dernières années, le terme de néo-druidisme semble s’imposer à la suite de la publication en 1998 de l’ouvrage de Philippe Le Stum précisément titré « Le néo-druidisme en Bretagne Origine, naissance et développement 1890-1914 ». Ce livre traite en fait uniquement l’histoire de la Gorsedd de Bretagne à l’époque considérée, c’est à dire avant la Première Guerre Mondiale.

Le terme a été, depuis lors, plaqué sur d’autres groupes entre autres par des journalistes d’origine et de talents très divers.

La Gorsedd ne s’en réclame pas, lui préférant celui de druidisme moderne ou contemporain. En effet, tout nous autorise à penser que le terme de néo-druidisme a été forgé pour disqualifier l’action de la Gorsedd et nourrir une polémique mal venue et entretenue par CJ Guyonvarc’h sur le fameux problème des filiations, c’est a dire le lien entre le druidisme actuel et celui de l’antiquité.

Il convient de réaffirmer une fois de plus que le concept de filiation ressortit à la théologie et non pas à l’historiographie. Il renvoie, en effet, à la succession apostolique sur le trône de St Pierre et ne concerne en fait que l’Église Catholique Apostolique et Romaine. A ce titre il n’est pas forcément « exportable » ou « expulsable » dans tout autre courant de pensée.

CJ Guyonvarc’h, visiblement aiguillé ou plutôt aiguillonné par Françoise Le Roux, a choisi de cantonner le problème de la religion celtique à un face à face avec le monothéisme chrétien et l’hindouisme et de s’abstenir de toute comparaison avec les croyances qui lui furent contemporaines comme celles des Romains, des Grecs ou des Germains.

De là des critères totalement an-historiques comme le problème de la langue sacrée, de l’initiation chrétienne qui efface toute tradition antérieure, pures préoccupations de théologien mais qui prétendent rien moins que rendre compte de la disparition définitive des Druides antiques et de leurs doctrines de la scène de l’histoire.

Entend-on nos contemporains parler de Jeux Néo-olympiques pour interroger des liens de filiation entre Pierre de Coubertin et les Grecs du VIIIième au Viéme siècle avant J-C ? Le prestige et le rayonnement atteints par cet événement dissuadent de fait ce genre de fantaisie langagière.

Nous réclamons le même respect pour les Gorsedd contemporaines de Galles, Bretagne et Cornouailles, pour l’action du Druid Order et la pensée de John Toland également.

Alors qu’en 2017 on va fêter le tricentenaire du druidisme moderne, on avouera que l’épithète de néo-druidisme apparaît de moins en moins pertinent. Tout au plus se limite-t-il à ceux qui viennent de le découvrir, assez tardivement sans doute. Nous à la Gorsedd,notre ambition est de mieux faire connaître le druidisme moderne, du moins le nôtre. C’est déjà une assez vaste tâche .