Ratification de la Charte des Langues Régionales.

Pour la Gorsedd de Bretagne,
gouverner c’est prévoir

 

La ratification de la Charte des Langues Régionales constitue l’engagement n°56 de François Hollande en tant que candidat à la Présidence de la République en 2012.

M. Hollande, maintenant élu, renonce à demander la modification de la Constitution nécessaire pour ratifier la Charte, en s’abritant derrière un avis du Conseil d’État.

Ainsi une fois de plus un pouvoir démocratiquement élu se couche-t-il devant un simple avis émanant d’un corps de fonctionnaires désignés. Il convient en outre de rappeler l’origine historique du Conseil d’État purement bonapartiste et non pas républicaine !

Qui détient alors le pouvoir en France ? Qui donc représente le peuple prétendu souverain? Gouverner consisterait-il à obéir et non pas à prévoir et à décider ?

Alors que d’autres engagements de M. Hollande se font retoquer et nourrissent le sentiment de plus en plus généralisé d’impuissance et d’imprévoyance du politique, faut-il s’étonner du résultat de certaines élections partielles dans lesquelles le parti au pouvoir n’atteint même pas le deuxième tour, distancé qu’il est par la poussée des extrêmes ?

Décevoir c’est forcément alimenter le désespoir, l’abstention et la démagogie !

Ajoutons à cela un climat social dramatiquement dégradé par les plans dits « sociaux », une défiance envers la classe politique suite aux affaires et une montée sans précédent des agressions homophobes voire racistes, tous les éléments sont réunis qui peuvent conduire à un aventurisme dangereux pour la démocratie.

Cette situation exige plus que jamais un sursaut volontariste du politique.

La Gorsedd, Fraternité des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne, se réjouit de la réaction du Président du Conseil Régional, des députés bretons, du Conseil Culturel de Bretagne, des vœux émis par des conseils municipaux, des associations culturelles demandant la reprise du processus de ratification de la Charte des langues régionales. Elle entend joindre sa voix à ces actions et appeler également à une solution institutionnelle.

Quimper le 3 mai 2013